« Étudier le pulaar, c’est aussi étudier ma propre façon de parler et celle de ma communauté. J’ai découvert que notre langue change selon les lieux, les rencontres et les migrations. »

Les chercheurs

Oumar Baldé

INALCO - Paris
Linguistique

LE PULAAR AU SÉNÉGAL : UNE LANGUE, PLUSIEURS FAÇONS DE PARLER

Oumar Baldé est jeune chercheur en linguistique à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), au sein du laboratoire PLIDAM (Pluralité des Langues et des Identités : Didactique – Acquisition – Médiations). Membre de la communauté peule, il mène sa recherche dans son propre mi-lieu. Il s’intéresse aux différentes façons de parler le pulaar au nord et au sud du Sénégal. Il étudie aussi l’influence d’autres langues, comme le mandinka, sur le vocabulaire. Son travail montre que les langues évoluent avec les migra-tions et les contacts, et pose une question centrale : existe-t-il un pulaar « pur » ?

Le pulaar est une langue parlée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Au Sénégal, elle est surtout utilisée par les populations peules, notamment au nord et au sud du pays. Pourtant, selon les régions, les Peuls ne parlent pas le pulaar de la même manière. Les mots, la prononciation et les expressions changent d’un endroit à l’autre.

Dans les familles, entre amis ou au sein des associations peules, plusieurs dialectes du pulaar sont utilisés. Ces différences s’expliquent par l’histoire des groupes, les déplacements des populations et l’influence d’autres langues, comme le mandinka au Sud, ou encore le français, l’anglais et le portugais. Ainsi, un objet ou une personne peut être nommé de différentes façons. Par exemple, pour dire « jeune fille », on peut entendre mbomri chez les Peuls du Nord, bama chez les Peuls du Sud, ou jiiwo chez les Peuls originaires du Fuuta Jaaloo (actuelle Guinée).

Oumar s’interroge alors : existe-t-il un pulaar « pur » au Sénégal, ou plusieurs façons légitimes de parler la même langue ? Quels dialectes sont parlés, par quels groupes ? Pourquoi ces parlers évoluent-ils ?

Pour y répondre, Oumar a mené une enquête de terrain au Sénégal, notamment dans sa ville de naissance, Kolda, au sud du pays. Il a rencontré des familles peules, des associations de femmes, des jeunes et des personnes âgées. Il a réalisé des enregistrements, recueilli des textes, des images et pris des notes sur le vocabulaire, la prononciation et les pratiques culturelles.

 

Fiche publiée en 2026.

Objectifs
  • Comprendre pourquoi le pulaar varie selon les régions et les groupes.
  • Identifier les principales façons de parler le pulaar au Sénégal.
  • Montrer que cette diversité est une richesse linguistique et culturelle.