« Dans mon travail, je peux accéder à un monde d’infiniment petit à l’intérieur de la matière et c’est absolument fascinant. »

Les chercheurs

Pauline Vitry

Université de Bourgogne
Physique

Voir l'invisible

Pauline VITRY est jeune chercheuse en physique au sein du laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne.

Elle travaille dans le domaine des nanotechnologies, c’est-à-dire dans l’infiniment petit (un nanomètre est un milliard de fois plus petit qu’un mètre). Pauline développe de nouveaux microscopes pour voir cet infiniment petit et même l’observer à l’intérieur de la matière : dans des métaux, des résines et même dans des êtres vivants, les bactéries.

Un microscope permettant de voir les atomes (le plus petit constituant de la matière) a été développé en 1981 par deux chercheurs qui reçurent le prix Nobel de physique pour cette invention. Depuis, la technique n’a pas cessé d’évoluer pour aller voir des choses de plus en plus petites. Cependant, avec ces techniques, on ne peut pas aller voir à l’intérieur de la matière sans la découper. Depuis quelques années, les chercheurs ont commencé à s’intéresser à la possibilité d’aller voir en profondeur. C’est l’objet des recherches de Pauline qui travaille avec des biologistes sur un microscope permettant d’aller voir à l’intérieur de petits organismes vivants : les bactéries. 

Dans la nature, il existe des bactéries qui possèdent à l’intérieur d’elles de petites poches de gras. Ce gras est d’un très grand intérêt puisqu’il pourrait être utilisé pour fabriquer des bio-carburants, une alternative non polluante aux carburants utilisés actuellement (pétrole, diesel). Mais comment choisir les bactéries qui produisent le plus de gras sans les détruire ou les abîmer ? En allant observer ce gras directement à l’intérieur des bactéries avec un microscope très puissant ! 

C’est pour cela que des biologistes ont fait appel à Pauline pour travailler sur le développement d’un microscope qui permettrait de voir précisément le gras à l’intérieur des bactéries. Pauline en développe un qui utilise des ultrasons. Sur les images qu’elle obtient on peut voir avec précision les minuscules poches de gras à l’intérieur des bactéries encore vivantes. Pauline espère ainsi réaliser un microscope utile en biologie et aussi en industrie.

Objectifs
  • Améliorer les capacités des microscopes.
  • Réaliser des reconstructions en trois dimensions des éléments présents à l’intérieur des bactéries.
  • Appliquer ces techniques de microscopie à plusieurs domaines tels que l’ industrie, le nucléaire ou la biologie.