« ‘‘Pourquoi’’ était sans doute un des mots que je prononçais le plus souvent quand j’étais enfant. Aujourd’hui, je me passionne pour la mémoire : ‘‘ Pourquoi elle fonctionne ainsi ? ’’, et ‘‘Comment elle a aidé les êtres vivants à survivre ? ’’. Qui aurait cru que poser des ‘‘Pourquoi’’ et des ‘‘Comment’’ deviendrait, un jour, mon métier ? »

Les chercheurs

Elodie Lhoste

Bourgogne Europe
Psychologie

NOTRE MÉMOIRE : CET INCROYBABLE OUTIL QUI NOUS AIDE À SURVIVRE

Elodie LHOSTE est jeune chercheuse en psychologie au LEAD (Laboratoire d’Etude de l’Apprentissage et du Développement) à Dijon. Son équipe cherche à comprendre ce qui se passe dans le cerveau quand on apprend. Elle s’intéresse plus  particulièrement à la mémoire, et à son rôle dans la survie de l’espèce humaine. Élodie étudie deux comportements qui pourraient avoir aidé nos ancêtres à survivre : le fait de mieux retenir ce qui est vivant ou dangereux. Elle cherche à comprendre comment ces comportements fonctionnent chez les enfants et les adultes, et notamment s’ils se déclenchent sans qu’on s’en rende compte.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains souvenirs restent longtemps dans notre tête, alors que d’autres disparaissent presque aussitôt ? On sait aujourd’hui que notre mémoire ne
retient pas toutes les informations de la même façon. Par exemple, des recherches ont montré que l’on se souvient plus facilement de ce qui est vivant, comme un animal, ou de ce qui peut représenter un danger, comme un serpent. Ces comportements intéressent beaucoup les chercheurs, car ils pourraient avoir aidé les hommes et les femmes préhistoriques à survivre.
Les scientifiques ont surtout étudié ces comportements de mémorisation chez les adultes, mais très peu chez les enfants. L’objectif d’Élodie est donc de comprendre comment ils fonctionnent à différents âges. Elle se demande notamment si ces comportements se déclenchent sans que l’on s’en rende compte, et si notre mémoire retient mieux les endroits où se trouvent les choses
vivantes ou dangereuses.

Pour cela, Élodie réalise des expériences avec des enfants et des adultes. Dans une première expérience, elle a demandé à des enfants de jouer à un jeu qui associait une image à un mot qu’ils ne connaissaient pas. Les images représentaient des choses vivantes et des objets. Résultat : les enfants apprenaient mieux les mots liés aux choses vivantes, même sans s’en rendre compte ! Dans une autre expérience où elle utilisait un jeu du Memory, elle a observé que les adultes retenaient mieux où se trouvaient les images d’animaux ou de dangers. Les enfants, eux,
mémorisaient surtout les images liées aux dangers.

Ces résultats confirment que notre mémoire semble accorder plus d’importance aux choses dangereuses et vivantes, mais ces effets semblent parfois plus forts chez les adultes que chez les
enfants.

 

Fiche publiée en 2025.

Objectifs
  • Tester si la mémorisation des choses vivantes et dangereuses est meilleure que la mémorisation des objets et des choses non-dangereuses chez les enfants
  • Comprendre si ces comportements se déclenchent même sans qu’on s’en rende compte
  • Identifier si on retient mieux les endroits où se trouvent les choses vivantes ou dangereuses