« Ce qui me passionne c’est d’approcher la vie quotidienne des gens en lisant les enquêtes et procès, et de voir les rapports qu’ils entretenaient entre eux. »

Les chercheurs

Rudi Beaulant

Bourgogne
Histoire et Lettres

Juger et gracier les criminels à la fin du Moyen Âge

Rudi est jeune chercheur au laboratoire ARTEHIS à Dijon. Il étudie l’histoire de la justice à la fin du Moyen Âge, aux XIVe et XVe siècles. Il s’intéresse aux personnes qui rendaient la justice, à la manière dont elles menaient leurs enquêtes et procès contre les criminels. Quelles preuves utilisaient-elles pour montrer qu’ils étaient coupables ? Quelles condamnations prononçaient-elles ? Rudi étudie aussi les grâces accordées par les ducs et les duchesses de Bourgogne, qui permettaient aux criminels d’échapper à la peine prononcée contre eux.

On imagine souvent que la justice au Moyen Âge était très arbitraire et peu avancée, avec beaucoup de personnes torturées ou tuées, selon une procédure expéditive et partiale. En réalité, des historiens ont montré que les juges agissaient de façon très rationnelle et s’appuyaient sur des connaissances solides. La recherche de Rudi s’intéresse plus particulièrement aux enquêtes menées contre les criminels à Dijon à la fin du Moyen Âge, aux XIVe et XVe siècles.

En lisant plusieurs centaines d’enquêtes, procès et lettres de grâce de cette période, qu’il trouve dans les archives, Rudi arrive à reconstituer les procédures que la mairie de Dijon mettait en place pour punir les hommes et les femmes qui commettaient des crimes dans la ville. Il analyse les différentes sortes de preuves que les juges accumulaient contre les criminels, et il parvient ainsi à comprendre la logique de la justice en ville à cette période.

Rudi cherche aussi comment la justice s’équilibrait en Bourgogne à la fin du Moyen Âge, en punissant les criminels mais aussi en les pardonnant. Il a lu et étudié plus de 800 lettres de grâce, qu’il a trouvées en allant dans plusieurs dépôts d’archives et en lisant des travaux d’autres historiens. Rudi montre que pour être pardonnés les criminels devaient construire une histoire qui justifiait leur crime. Par exemple, certains disaient qu’ils n’avaient fait que se défendre contre un ennemi, ou qu’ils avaient volé de la nourriture car ils étaient très pauvres. Le duc de Bourgogne, ou la duchesse, en leur accordant sa grâce, exprimait ainsi sa puissance à tous et rappelait aussi que le bon prince justicier devait être un prince modéré.

Objectifs
  • Comprendre le fonctionnement de la justice et de la grâce en Bourgogne et ses évolutions à la fin du Moyen Âge (enquêtes, preuves, condamnations, juges)
  • Analyser les crimes pour lesquels les gens sont jugés et les raisons pour lesquelles ils peuvent être pardonnés
  • Étudier les parcours d’hommes et de femmes et leur rapport à la justice : personnels de justice, criminels, victimes