

Les chercheurs
Marielle RAFANOMEZANA ANDRIAMASINDRANO
FORMATION LINGUISTIQUE D’EXILÉS À LA RÉUNION ET À MAYOTTE
Marielle Rafanomezana Andriamasindrano est une jeune chercheuse en sciences du langage rattachée au laboratoire Icare (Institut coopératif austral de recherche en éducation et en formation). Elle a été formatrice linguistique auprès de personnes exilées en France hexagonale et dans l’océan Indien. Sa thèse porte sur la formation linguistique proposée aux personnes exilées sur deux territoires où cohabitent plusieurs langues : La Réunion et Mayotte.
La recherche de Marielle consiste à analyser les politiques et les formations linguistiques de La Réunion et Mayotte destinées aux adultes allophones (qui ne maîtrisent pas la langue française). Elle porte sur les méthodes des formateurs (notamment le recours à l’art). Ces adultes ont quitté leur pays d’origine et viennent des pays de l’océan indien, d’Afrique, de Chine. Ils apprennent la langue française, surtout grâce à des associations et des formateurs bénévoles.
Ces formations en langue française sont analysées pour savoir si les formateurs prennent en compte les vrais besoins à l’oral (parler et comprendre) de ces personnes. Marielle s’intéresse aussi à la situation linguistique de ces territoires. La langue française n’est pas parlée de la même manière qu’en hexagone et n’est pas utilisée dans tous les espaces de la vie quotidienne car les langues kréol pour La Réunion et kibushi et shimaoré pour Mayotte sont davantage utilisées par les populationsde cesterritoires. Ces adultes entendent donc souvent des langues qu’ils ne comprennent pas et n’apprennent pas forcément en formation.
L’objectif est de comprendre comment les institutions, associations et formateurs construisent des ateliers pour ces personnes (objectifs linguistiques) et comment ils les forment (méthodes).
Pour cela, Marielle se base sur une méthode abductive (les hypothèses sont redéfinies au fur et à mesure), sur une analyse des données recueillies en entretiens et observations de pratiques des formateurs. Sa recherche s’appuie sur des travaux liés à l’andragogie (science de la formation d’adultes) et à la sociolinguistique (science de l’influence entre langue et société). Elle compare les données entre La Réunion et Mayotte.
Ce projet de thèse a pour but d’améliorer l’offre de formation linguistique dédiée aux personnes qui arrivent sur les territoires réunionnais et mahorais dans un contexte postcolonial.
Fiche publiée en 2026.
- Comparer les données de deux territoires de l’océan Indien
- Ouvrir la voie à de nouvelles méthodes pour l’apprentissage en contexte plurilingue
- Participer à l’autonomisation linguistique des personnes exilées dans l’océan Indien

